

Le temps passe, et avec lui des êtres qui m’étaient si chers continuent à disparaitre. Certaines dates restent à jamais douloureuses, et toujours plus nombreuses.
Nathan,
Il y a un an, tu as arrêté de respirer. « La mort subite du nourrisson ». Une appellation qui elle même laisse dans le plus grand mystère. Des mots accolés qui ne devraient pas être unis. Nourrisson ne devrait jamais rimer avec mort.
« Mort subite » donne toute sa dimension au cataclysme qui s’abat ce jour là.
Pourquoi ? Pourquoi toi, pourquoi ce jour là, pourquoi cette heure là, pourquoi cette minute, cette seconde ou tout bascule ? Pourquoi un bébé qui va bien, qui est suivi par un médecin, qui est aimé, qui mange bien, qui dort bien, qui sourit, gazouille… pourquoi sa vie bascule ainsi ?
C’est incompréhensible, inacceptable.
C’est tout qui s’écroule autour de toi. Mamie Lolo, Papi Didi, Bruno. Tout qui vole en éclat parce que tu n’es plus là pour les rapprocher, pour qu’ils se raccrochent tous les trois autour de la vie, la tienne.
Tu étais leur soleil malgré les nuages noirs qu’avaient créé la disparition de Maxence et Rudy.
Sans toi, les souvenirs deviennent trop douloureux. Le besoin de tout quitter, de s’éloigner pour survivre. De retenter sa vie, loin des lieux communs, loin de tout et de tous.
Tu nous manques petit Nathan. Tellement…
Je t’aime mini poussin.
Ta marraine, Manue
Laurence, Didier, Bruno,
Je n’aurai pas la prétention de dire que je sais ce que vous ressentez tous les trois, mais je comprends le besoin de s’isoler, de fuir les obligations, de partir. De rencontrer de nouvelles personnes qui forcément parleront d’autres choses, n’auront pas les larmes aux yeux ou peur de parler, de blesser sans le vouloir.
Je me garderai bien de juger tel ou tel comportement parce qu’on ne sait jamais comment on réagirait soi-même dans des circonstances équivalentes. Chacun gère comme il le peut et je suis loin d’être un exemple en la matière.
J’espère simplement et sincèrement que la vie vous offrira des moments de douceur, demain, dans un mois, 7 mois ou quelques années. Qu’un jour vous arriverez à vous revoir et évoquer vos souvenirs plus sereinement.
Je pense beaucoup à vous tous.
Bruno n’oublie jamais que je suis là, proche ou moins en fonction de tes désirs. Je t’aime, tu es le grand frère que je n’ai jamais eu et le témoin de mes délires avec poussin.
Après des années de chaos, le ciel s’éclairci pour moi. Une bouffée d’oxygène dans la bulle hermétique que j’avais créé autour de Fred.
S’il y a bien une personne qui peut être sûre qu’elle y est pour quelque chose, c’est bien toi Bruno.
Merci d’être toi, et d’avoir été avec Rudy mon énergie quand plus rien ne comptait.
J’aurai voulu que ce petit con soit là aujourd’hui pour les heures d’interrogatoire qu’il m’aurait fait subir. Pour le voir se réjouir de mon bonheur.
Le temps est le seul allié dans les moments difficiles. Il m’en aura fallu plus qu’à d’autres mais voilà que Thierry a réussi à faire tomber des barrières que j’avais moi-même bâties avec barbelé électrique et alarme stridente. Un courageux ou alors grand fou mdr.
J’aurai pu regarder l’horizon indéfiniment, les bateaux quitter le port, l’océan se déchainer… Fred n’est plus là. C’est un fait évident depuis le début mais que j’accepte tout juste. On n’oublie jamais rien on vit avec… j’en suis convaincu aujourd’hui.
Une phrase m’a marquée dans un film vu hier, « je ne suis pas comme une voiture qu’on peut réparer, jamais je ne roulerais droit » mais j’avance, des projets plein la tête.
Chaque rencontre nous façonne un peu plus, alors ce soir je voulais vous dire MERCI à tous ; à vous cité ici et à tout ceux qui ont de près ou de loin joué un rôle dans ma vie d’hier. Merci…